Le futur serveur de W31 : Pourquoi j'abandonne Synology

De nos jours, le NAS est devenu omniprésent. Pourtant, on lit tout et son contraire sur Internet. À la base, un NAS est un serveur, souvent sous Linux ou Windows. J'ai personnellement choisi Synology, ce qui est une option classique pour un particulier souhaitant héberger ses données de manière centralisée et accessible via un navigateur.

Le NAS peut aussi servir à une petite entreprise pour héberger un site web. Synology propose Web Station, mais ils ne vous préviennent jamais quand ils modifient les versions de PHP ou de MariaDB. Si l'on retire PHP 8.0, ce n'est pas très grave, MySQL tournera sur du 8.2. Mais si l'on supprime PHP 7.6, cela devient problématique. Tous les sites et scripts non compatibles avec PHP 8 se retrouvent alors dans l'impasse.

Pire encore : si Synology met à jour MariaDB 10 en supprimant MariaDB 5 sans prévenir, vos sauvegardes sont déplacées dans un répertoire temporaire. À la mise à jour suivante, ce répertoire est supprimé sans sommation, et vous perdez vos bases de données.

La prison du hardware propriétaire :

Mon expérience avec DSM (le système de Synology) a été révélatrice. Je pensais pouvoir le remplacer par une installation propre de Debian Server, mais c’était ignorer la petite puce ROM/Flash soudée sur la carte mère. Dès qu'un disque est détecté, le système cherche à réinstaller DSM. La carte mère est donc, en quelque sorte, notre ennemie : elle est conçue avec une dimension et une connectique propriétaires pour le boîtier, empêchant tout remplacement par du matériel standard.

Après quelques recherches, j'ai tenté d'utiliser VMM (Virtual Machine Manager) pour installer Debian Server en machine virtuelle. J'ai réussi, et cela m'a permis de virtualiser W31, comme le font la plupart des hébergeurs. Cependant, après avoir testé plusieurs "Panels" et essuyé des réinstallations forcées suite à des problèmes de configuration SSH, j'ai constaté l'instabilité de cette virtualisation sur DSM. Une simple mise à jour de Debian a fini par corrompre ma VM, rendant toute réparation impossible. J'ai dû tout réinstaller, encore une fois.

La décision : reprendre le contrôle.

Ce constat a été le déclic : si je galère autant pour héberger mes services, comment faire confiance à un tel système pour stocker des données critiques dans le Cloud ? J'ai donc décidé de mettre mon projet de Cloud en stand-by et de quitter définitivement l'écosystème Synology.

En 2008, j'avais monté un serveur sous Debian 8 en pur SSH. Cette envie de récidiver m'a envahi. J'ai passé deux jours à étudier le marché :

  • Le neuf ? Les prix sont devenus délirants pour des serveurs.

  • L'occasion professionnelle (Dell Optiplex, HP EliteDesk, Lenovo ThinkCentre) ? Soit le matériel est trop vieux et énergivore, soit le format propriétaire empêche d'y installer mes deux disques durs WD RED. Les branchements sont spécifiquement conçus pour rester enfermés dans le boîtier d'origine.

Vers une machine libre :

Je reviens finalement à mon envie de départ : mon propre serveur. Certes, il y a des pièges (compatibilités, disponibilité des composants, prix de la RAM et des SSD qui ont grimpé), mais c'est le prix de la liberté.

D'ici deux semaines, je ferais l'assemblage de mon serveur W31. Ce sera un retour aux sources, comme aux années 2000, mais avec du matériel économe en énergie de 2026. Je vous partagerai les photos bientôt !

PS : je précise que la puce sur la carte-mère d'un Synology est "Boot-locked", comprenez "propriétaire". Pour le choix du matériel de qualité, je vous en parleré la prochaine fois.

Les commentaires sont fermés.